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Diversifier ne suffit pas : comment répartir vraiment ses risques ?

Dernière mise à jour : il y a 3 jours

Diversifier ne consiste pas à multiplier les lignes, mais à multiplier les causes de variation. Dix actions du même secteur cotées sur le même marché forment un seul pari répété dix fois. La question utile n'est pas combien de placements vous détenez, mais ce qui les ferait baisser ensemble.

Ce principe commande toute la construction d'un portefeuille de long terme. Pour le cadre complet dont il découle, le résumé PDF de L'investisseur intelligent de Benjamin Graham expose la marge de sécurité, c'est-à-dire la protection contre sa propre erreur d'analyse.

Additionner des placements, est-ce diversifier ?

Non. Deux actifs sont corrélés lorsqu'ils réagissent de la même façon aux mêmes événements. Détenir dix sociétés technologiques d'une même place financière n'est pas une répartition : ce sont dix expressions du même pari. Si le secteur recule, les dix reculent.

Le nombre de lignes rassure ; il ne protège de rien. La vraie répartition ne se mesure pas au nombre de placements détenus, mais à la diversité de leurs comportements. Un portefeuille de trois actifs réellement indépendants protège mieux qu'un portefeuille de vingt lignes qui suivent le même mouvement.

Comment repérer les corrélations cachées de votre patrimoine ?

Certaines dépendances sautent aux yeux, d'autres beaucoup moins. Votre épargne est-elle investie dans le secteur qui vous emploie ? Vos biens immobiliers se situent-ils tous dans la même ville ? Vos revenus et vos actifs dépendent-ils du même cycle économique ?

Un entrepreneur dont l'activité, les locaux et l'épargne reposent sur le même marché cumule trois fois le même risque, même s'il possède formellement des actifs de natures différentes. L'exercice utile consiste à lister ce que vous détenez, puis à chercher ce qui les relie : un secteur, une devise, une zone géographique, un type de taux d'intérêt. Chaque facteur commun est un point de fragilité que le nombre de lignes ne compense pas.

Quelles formes de répartition existe-t-il ?

Trois, et elles se combinent plutôt qu'elles ne se remplacent.

La répartition sectorielle étend les placements à plusieurs industries, pour ne pas dépendre des difficultés propres à un seul domaine. C'est la plus simple à mettre en œuvre et la plus souvent négligée par ceux qui investissent dans ce qu'ils connaissent.

La répartition par niveau distingue, à l'intérieur d'un même secteur, les producteurs, les transformateurs et les distributeurs. Leurs marges ne réagissent pas au même moment à une hausse des matières premières.

La répartition géographique dépasse les frontières nationales et protège des difficultés propres à un pays — sa conjoncture, sa fiscalité, sa devise. Elle introduit en contrepartie un risque de change qu'il faut assumer sciemment.

Pourquoi la diversification faiblit-elle en pleine crise ?

Parce que les corrélations changent au pire moment. Lors des crises marquées, des actifs habituellement indépendants se mettent à baisser ensemble : les vendeurs cherchent des liquidités et vendent ce qu'ils peuvent, non ce qu'ils veulent. Les corrélations mesurées en période calme cessent alors de décrire la réalité, précisément quand la protection serait la plus utile.

C'est pourquoi la répartition ne dispense jamais des deux autres protections fondamentales : une réserve de liquidités disponible sans avoir à vendre au mauvais moment, et un horizon assez long pour traverser un cycle complet. La façon de tenir une position pendant une baisse est traitée à part, dans traverser une crise financière en investisseur long terme.

Quelles questions se poser avant d'ajouter une ligne ?

Trois, avant chaque nouvel investissement. Ce placement réagit-il différemment de ce que vous possédez déjà ? Qu'est-ce qui le ferait baisser, et ce facteur touche-t-il également vos autres actifs ? Ajoutez-vous une véritable protection, ou seulement une ligne supplémentaire qui procure un sentiment de sécurité ?

Ces trois questions transforment une accumulation en stratégie. Elles demandent quelques minutes et évitent des années de fausse tranquillité.

Cette approche est-elle adaptée à votre situation ?

À privilégier si…

  • vous détenez plusieurs placements sans savoir dire ce qui les distingue les uns des autres ;

  • votre épargne et votre revenu dépendent du même secteur ou du même employeur ;

  • vous avez ajouté des lignes au fil des années sans jamais revoir l'ensemble ;

  • votre horizon dépasse cinq ans et vous cherchez d'abord à ne pas subir les mauvaises années.

À éviter si…

  • vous n'avez pas encore constitué de réserve de liquidités : c'est elle qui protège en premier ;

  • vous cherchez un rendement chiffré ou une allocation type : cet article n'en contient aucun ;

  • vous devez arbitrer une situation de surendettement : le sujet relève d'un professionnel, pas d'une lecture.

Combien de lignes faut-il pour être réparti ?

Moins qu'on ne l'imagine, à condition qu'elles soient réellement différentes. Au-delà d'un certain nombre de positions, chaque ligne supplémentaire n'apporte presque plus de protection : elle ajoute surtout du suivi, des frais et de la difficulté à savoir ce que l'on détient.

Le raisonnement inverse est plus utile. Plutôt que de viser un nombre, listez les facteurs auxquels votre patrimoine est exposé : un secteur d'activité, une devise, un marché immobilier local, un niveau de taux d'intérêt, votre propre employeur. Chaque facteur non couvert compte davantage qu'une ligne de plus. Un portefeuille exposé à quatre facteurs indépendants est mieux réparti qu'un portefeuille de trente lignes toutes adossées au même.

C'est également la raison pour laquelle un portefeuille se juge avec ce qui l'entoure. Votre épargne de précaution, votre résidence, votre revenu et vos droits à la retraite en font partie, même s'ils ne figurent sur aucun relevé de compte-titres. Les oublier revient à mesurer la moitié de son exposition.

Faut-il rééquilibrer, et à quelle fréquence ?

Oui, mais rarement. Avec le temps, les placements qui montent prennent une place croissante dans l'ensemble : la répartition choisie au départ se déforme d'elle-même, et le portefeuille finit concentré sur ce qui a le mieux marché — c'est-à-dire souvent sur ce qui est devenu le plus cher.

Rééquilibrer consiste à ramener chaque poche vers sa part cible en allégeant ce qui a le plus progressé. L'opération est psychologiquement désagréable, puisqu'elle revient à vendre ce qui marche pour renforcer ce qui déçoit. C'est précisément ce qui la rend efficace : elle impose une discipline là où l'instinct pousse à suivre la tendance.

Deux règles suffisent. Fixez un rythme, une fois par an par exemple, et tenez-vous-y indépendamment de l'actualité. Fixez aussi un seuil de tolérance en deçà duquel vous ne touchez à rien, pour éviter de multiplier des mouvements dont les frais dépasseraient le bénéfice. Le pire rééquilibrage est celui qu'on décide en réaction à une baisse : il transforme une répartition en pari sur le calendrier.

Que faire quand un placement baisse fortement ?

Commencer par distinguer une baisse de marché d'une dégradation propre à l'actif. Dans le premier cas, la valeur suit un mouvement d'ensemble et l'entreprise ou le support n'a rien perdu de ses qualités ; dans le second, ce qui justifiait la détention n'existe plus. La première situation appelle l'inaction, la seconde une décision.

La confusion entre les deux explique l'essentiel des pertes définitives constatées par les particuliers. Une baisse subie sans vendre reste une baisse ; la même baisse suivie d'une vente devient une perte. C'est pour cette raison que la réserve de liquidités compte autant que la répartition elle-même : elle seule permet de traverser une période défavorable sans être contraint de vendre au plus bas.

Pourquoi la diversification est-elle essentielle en investissement ?

La diversification répartit le risque entre plusieurs actifs, secteurs ou zones géographiques. Ainsi, la contre-performance d'un placement est compensée par d'autres. C'est l'un des rares moyens de réduire le risque sans nécessairement sacrifier le rendement, ce qui en fait un pilier de tout portefeuille de long terme.

Comment diversifier un portefeuille quand on débute ?

Commencez par répartir votre capital entre différentes classes d'actifs et évitez de tout miser sur une seule valeur. Des versements réguliers et un horizon long lissent les fluctuations. L'objectif est un équilibre adapté à votre tolérance au risque, réévalué de temps en temps sans excès de mouvements.

Que lire pour aller plus loin ?

La répartition des risques n'est qu'une pièce de la construction d'un portefeuille. L'argent, l'art de le maîtriser de Tony Robbins rassemble ce que les grands gérants répondent sur la répartition d'un patrimoine et la manière de tenir dans la durée. Pour distinguer les deux grandes méthodes d'évaluation d'un actif, voir analyse fondamentale et analyse technique.

Cet article présente des principes généraux de gestion et ne constitue pas un conseil en investissement personnalisé. Vos décisions doivent tenir compte de votre situation propre, au besoin avec l'appui d'un professionnel.

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