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Père riche, père pauvre de Robert Kiyosaki : faut-il le lire ?

14 sept.
6 min de lecture

Père riche, père pauvre de Robert Kiyosaki ne figure pas dans notre boutique, et ce n'est pas un oubli. C'est un livre à lire en entier : son effet tient au récit, pas à l'idée qu'on peut en extraire. Le résumer reviendrait à vous en livrer la moins bonne moitié. Voici pourquoi, et par quoi poursuivre.

Pourquoi ne proposons-nous pas de résumé de ce livre ?

Notre métier consiste d'abord à trancher. Certains ouvrages gagnent à être condensés, d'autres y perdent l'essentiel. Un résumé rend service quand un livre porte quelques idées fortes réparties dans des centaines de pages d'exemples : il vous rend le temps que l'auteur vous demandait. Il dessert en revanche un livre dont la force ne tient pas à l'information transmise, mais à la manière dont elle vous est amenée.

Ce tri, nous le faisons livre par livre, et il nous arrive de renoncer. Le critère est simple. Si l'on peut retirer d'un ouvrage ses idées maîtresses sans que le lecteur perde quoi que ce soit d'important, la synthèse lui fait gagner des heures sans rien lui coûter. Sinon, elle devient un faux service. Résumé ou livre entier : lequel choisir, et pour quoi faire ? détaille ce raisonnement et les cas où chacun l'emporte.

Père riche, père pauvre appartient à la seconde catégorie. C'est un récit, construit pour vous faire changer de regard au fil des pages. À la différence de Guide pour investir de Robert Kiyosaki, que nous résumons parce qu'il expose des phases et des mécanismes que l'on peut isoler puis restituer, celui-ci travaille par accumulation : son idée centrale porte parce que tout ce qui précède l'y a préparée.

Extraire cette idée et vous la donner d'emblée, c'est exactement ce qu'un résumé ferait. Vous auriez l'information en trois lignes, et vous n'auriez rien. C'est pourquoi nous vous recommandons de commencer par celui-ci et de le lire en entier, sans intermédiaire, plutôt que d'acheter une synthèse qui vous laisserait persuadé de l'avoir lu.

Livre ouvert sur lequel s'élèvent trois piles de pièces de monnaie, éclairées par une gerbe de lumière
Certains livres se laissent condenser. Celui-ci se lit page après page.

De quoi parle-t-il, en deux mots ?

Le livre ne procède pas par démonstration mais par récit. L'auteur y fait dialoguer deux figures paternelles qui s'opposent sur chaque question d'argent, et c'est le va-et-vient entre elles, chapitre après chapitre, qui produit l'effet. Nous n'en dirons pas plus ici : résumer ce dialogue reviendrait à faire exactement ce que nous venons d'expliquer qu'il ne faut pas faire.

Une notion en sort, que beaucoup de lecteurs retiennent : la séparation entre ce qui vous rapporte et ce qui vous coûte. Elle ne vous appartient qu'une fois appliquée à vos propres lignes, pas une fois lue. Actif ou passif ? La distinction qui change tout en intelligence financière est l'article où nous la traitons pour elle-même, avec la méthode pour trier votre propre budget.

Si vous voulez voir comment le même auteur reprend ensuite cette idée dans un ouvrage plus technique, notre article sur ce que contient Augmentez votre intelligence financière situe les deux livres l'un par rapport à l'autre.

Il faut dire aussi ce qu'on reproche à ce livre, car les critiques sont nombreuses et anciennes. On lui oppose l'absence de preuves chiffrées, la simplification de certains montages, et le fait que plusieurs éléments du récit n'ont jamais pu être vérifiés. Ces objections sont sérieuses et nous ne les écartons pas. Elles visent pourtant l'ouvrage sur un terrain qui n'est pas le sien, celui de la démonstration. Un récit ne se réfute pas comme une étude : il se juge à ce qu'il vous fait faire.

À quel moment faut-il le lire ?

En premier, si vous entrez dans l'œuvre de Robert Kiyosaki : c'est le livre qui l'ouvre, et les suivants supposent qu'on l'a lu. Précisons-le tout de suite pour éviter la confusion : c'est la porte d'entrée de son œuvre à lui, pas celle de notre catalogue, dont l'ordre de lecture commence ailleurs. Il s'adresse à quelqu'un qui n'a jamais remis en question l'idée qu'un salaire est la seule façon normale de gagner sa vie. Lu à ce moment-là, il fait son travail : il déplace une évidence. Lu après les autres, il paraîtra simpliste, non parce qu'il l'est devenu, mais parce que vous aurez déjà fait le chemin sans lui.

À privilégier si

Vous débutez en finance personnelle. Vous n'avez jamais distingué ce qui vous rapporte de ce qui vous coûte. Ce que vous cherchez d'abord est une raison de vous y mettre, avant une méthode.

À éviter si

Cette distinction vous est déjà familière. Vous cherchez des chiffres, une méthode ou un cadre applicable en France. Vous voulez avancer vite sur la pratique. Dans ces cas, les ouvrages suivants vous serviront davantage, et vous pourrez revenir à celui-ci plus tard sans rien perdre.

Un test simple permet de trancher avant de l'ouvrir. Prenez les trois dernières dépenses importantes que vous avez engagées et demandez-vous, pour chacune, si elle vous rapportera quelque chose le mois prochain. Si la question vous surprend, ce livre est fait pour vous, et il faut alors le lire en entier. Si vous y répondez sans hésiter, il vous apprendra peu.

Comment le lire pour qu'il serve à quelque chose ?

Le lire en entier ne veut pas dire le lire passivement. C'est là son piège : on le termine enthousiaste et l'on ne change rien. Le seul usage qui vaille consiste à l'interrompre régulièrement pour le confronter à votre propre situation, au lieu de le suivre comme une histoire.

Concrètement, gardez une feuille à côté de vous et tracez-y deux colonnes : d'un côté ce que vous possédez qui vous rapporte quelque chose chaque mois, de l'autre ce qui vous en coûte. Remplissez-la au fil des chapitres, avec vos chiffres à vous et non ceux du livre. Si la seconde colonne se révèle bien plus longue que la première, vous venez de comprendre l'ouvrage mieux qu'aucun résumé ne vous l'aurait permis.

À la dernière page, une seule question compte : qu'allez-vous faire différemment le mois prochain ? Si vous n'avez pas de réponse, relisez votre feuille plutôt que le livre. Et si vous en avez une, vous êtes prêt pour les ouvrages qui donnent la méthode.

Par quel livre poursuivre une fois celui-ci lu ?

La suite se joue dans les ouvrages où l'auteur passe de l'intention à la pratique, et l'ordre y compte : ce n'est pas celui des dates de parution. Nous avons détaillé dans quel ordre lire les livres de Robert Kiyosaki. Voici, dans cet ordre, les trois dont nous proposons une synthèse.

D'abord le résumé PDF d'Une seconde chance de Robert Kiyosaki : il prolonge le regard du premier livre, cette fois sur les crises et sur les occasions qu'elles ouvrent à ceux qui les ont préparées. C'est le passage le plus naturel après une lecture qui vous a donné envie d'agir.

Ensuite le résumé PDF d'Augmentez votre intelligence financière de Robert Kiyosaki. C'est celui que nous conseillons si vous ne devez en lire qu'un seul : il porte sur la capacité à juger une occasion par vous-même, au lieu de suivre le conseil d'un autre.

Enfin le résumé de Guide pour investir, cité plus haut, qui suit les cinq phases par lesquelles l'auteur fait passer l'investisseur et donne aux états financiers une place centrale. C'est le plus exigeant des trois, et c'est pour cela qu'il vient en dernier.

D'autres livres se lisent-ils aussi en entier ?

Ce n'est pas le seul cas où nous renonçons à résumer. Livres de finance à lire en entier : notre sélection réunit ceux que nous recommandons d'étudier soi-même, avec pour chacun la raison précise pour laquelle nous n'en proposons aucune synthèse. Ces raisons ne sont pas toutes celles-ci : certains de ces ouvrages sont des manuels dont chaque chapitre installe un vocabulaire dont le suivant se sert, d'autres sont déjà eux-mêmes des synthèses.

Et si la question qui vous amène est plus large que ce seul auteur, Par quel livre de finance commencer ? Nos 6 incontournables à lire donne notre ordre de lecture complet, celui que nous conseillons à quelqu'un qui part de zéro.

Nous assumons ce que cela coûte. Dire qu'un ouvrage ne se résume pas, c'est renoncer à en faire une synthèse, donc à ce que nous savons faire. Nous préférons cette franchise à un catalogue qui donnerait l'illusion d'avoir tout lu. Père riche, père pauvre ouvre une porte ; il ne dit pas ce qu'il y a derrière, et ce n'est pas son rôle. Lisez-le en entier, une fois, puis passez à ce qui donne la méthode.

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